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Il ne dit rien de l'origine de son information, ni de son assurance. Avons-nous en main des arguments qui nous autorisent à choisir parmi ces hypothèses, ou sommes-nous franchement invités par les faits dans une certaine direction? Mais il n'y a pas de doute qu'ils sont en train de perdre leur précision sémantique. Il explique qu'en , Zyadat Allah "débarqua en Sicile une armée de joundis et de Berbères "sous la direction d'un Chef arabe, le Cadi Asad. Musique kabyle Changer la langue cible pour obtenir des traductions.

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On disait : les Kabyles de Blida, de Cherchell, etc Zwâwa, ou un dérivé en forme d'adjectif arabe, zwâwiy, zwâwiyah, sert aussi, comme on l'a déjà signalé, à désigner l'ensemble des parlers kabyles qui constituent LES ZWAWA 81 la langue maternelle des Zwâwa.

En ce sens, le mot a été adopté dans la nomenclature des dialectes algériens, telle qu'elle a été établie par les spécialistes de dialectologie berbère.

Cependant les plus récentes publications paraissent préférer nommer la langue des Zwâwa "kabyle" plutôt que zwâwa qui tendrait à tomber en désuétude V Atlas de l'Algérie publié en par Bouffard fournit deux cartes des provinces d'Alger et de Constantine où nous retrouvons toute la région qui nous occupe Le pays et les populations de Grande et de Petite Kabylie, à cheval sur les deux Provinces, sont signalées sur les cartes par la légende : Kabilie sic indépendante.

Ces documents sont en effet publiés neuf ans avant l'entrée des troupes françaises, dans ces régions et l'occupation complète.

Les contreforts nord du Djurdjura indiqués sur la carte portent les noms ethniques Zouaoua ou Gaouaoua. Ils sont situés exactement entre les Béni Iraten au nord et la chaîne au sud : territoire très restreint, petite partie de l'ensemble kabyle. Cette carte est peu précise et ne permet pas de déterminer quelles tribus sont englobées sous cette double dénomination. Carette, qui publie à la même époque ses deux volumes d'Etudes sur la Kabylie proprement dite, cite les noms des tribus qui constituent ce qu'il appelle le 9e canton, canton Zwawa L'ensemble de cette information n'est pas satisfaisant et reste difficile à utiliser.

Lui-même a écrit : "II eut été difficile de se reconnaître dans le labyrinthe des tribus qui recouvrent la Kabilie, sans le secours d'une division subsidiaire. Dans la répartition dont il s'agit on s'est imposé pour règle fondamentale de concilier, autant que possible, les affinités et les habitudes locales avec les habitudes et les exigences françaises.

Par suite de ce programme les divisions existantes ont été conservées avec leurs noms" On en peut déduire que le nom du Canton ou de la "division" Zwawa était familier à l'administration turque pour désigner cette partie centrale de Grande Kabylie. C'est tout, ou à peu près, ce qu'on sait. Mais dans les mêmes années, nous trouverons les précisions qui nous manquent encore. En effet, les auteurs qui décrivent la Kabylie entre et mentionnent les confédérations, mettent en place celle des "Zouaouas ou Gaouaouas" et donnent tous fidèlement la même liste de tribus qui la composent Quelques années après, l'ouvrage de MM.

Hanoteau et Letournaux sur la Kabylie et les coutumes kabyles 20 fournit avec une meilleure précision et en détail l'énumé- ration des tribus qui peuplent ce qu'il appelle "le massif des Zouaoua Igaouaouen " Hanoteau admet implicitement que le terme Zouaoua peut déborder la stricte définition statistique qu'il apporte en ces pages, et s'étendre à l'ensemble montagneux habité par d'autres groupements.

Il admet par exemple que les At Iraten sont implantés dans le massif Zouaoua. Mais pourtant il ne les introduit pas dans la liste des tribus qu'il récapitule sous un seul titre "Zouaoua ou Igaouaouen". Il nous faut donc, pour 82 J. LANFRY serrer notre problème, regarder de près ce nom nouveau Igaouaouen, et cette liste de tribus, qu'Hanoteau n'est pas seul à présenter telle quelle.

Il y apporte cependant des précisions qui en font le meilleur informateur : il savait la langue kabyle et procédait dans son enquête par contacts directs avec les habitants du pays. C'est eux maintenant qu'il nous importe d'entendre, soit par cet auteur, soit par les réflexions que nous proposent des Kabyles qui ont eux-mêmes publié ; soit enfin par les réponses qu'ils donnent oralement sur ce qu'ils ont gardé de leurs traditions à ce sujet.

II - Les Igawawen 8. Mais tous sont d'accord : c'est un mot étranger, étranger à leur langue. Ils ajoutent : c'est un nom arabe, que les Arabes nous donnent.

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Belkassem b. Sedira écrit en : "Même les Igaouaouen ne se servent pas du mot de Zouaoua appliqué à eux et à leur dialecte par les Arabes" Un autre auteur Kabyle, Said A.

Boulifa note avec la même netteté : "Les habitants du Djurdjura, les "Igaouaouen" que les Arabes appellent Zouaoua" Il avait écrit dans les pages précédentes : "II est généralement admis que les Zouaoua comprennent indistinctement toutes les tribus du Djurdjura ou de la Grande Kabylie.

Les écrivains arabes ne se sont pas servis pour désigner collectivement les habitants de cette région d'autre terme que du mot Zouaoua" Deux questions se posent donc : — Que peuvent nous dire les Kabyles eux-mêmes des Igawawen : la forme, l'usage, la vie actuelle de ce nom ; et précisément une bonne détermination de ceux qui sont admis à porter ce nom?

Nous donnons ici les résultats de notre enquête conduite patiemment avec l'aide de Kabyles à qui je dois exprimer ma gratitude, pour l'attention qu'ils ont accordée à mes questions et à ce problème.

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Dois-je dire en même temps combien cette enquête s'est avérée difficile, faute d'informations sur le sujet. On est attaché à ce nom comme à un titre, qu'on en soit fier ou non. Mais bien court est ce qu'on en peut dire. A force de glaner des bribes, des pailles de ci de là, dans la mémoire des Kabyles, dans la poésie populaire ancienne ou telle expression restée vivante, on décèle quelques liens entre des faits.

Voici les faits, ceux que j'ai pu relever et classer, en leur donnant le sens qui m'indiquaient les informateurs. Données morphologiques et sémantiques Agawaw à l'annexion : ugawaw ; et aussi : Agawa, m. La première radicale consonan tique G est spirante. Le pluriel Igawawen n'appelle aucune remarque, sauf la permanence de la deuxième sonante vélaire qui appartient à une des deux formes du m.

Cette observation suggère une racine GWW.

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La deuxième forme de pi. Il s'agit d'une arabisation du thème, adoptée telle quelle par les Kabyles qui admettent ce mot comme correct Ce pluriel Gawawa a connu une meilleure fortune que le premier, Igawawen, plus long, plus difficile à prononcer et qui, en fait, n'est utilisé que par les Kabyles de Grande et de Petite Kabylie à l'Est d'Alger.

On trouve l'ethnique Gawawa imprimé sur les cartes déjà mentionnées de l'Algérie établies en On y lit : Zouaoua ou Gaouaoua. De même, on a relevé dans diverses études sur la Kabylie parues à cette époque que la population qui nous occupe est désignée à chaque fois par le couple : Zouaoua et Gaouaoua. Je traiterai plus loin des questions posées par l'équivalence ainsi affirmée des deux termes : Zouaoua et Gaouaoua.

Au pi. Il signifie aussi : territoire occupé par ces tribus. Plus largement, le mot désigne le peuplement de Grande Kabylie entre la chaîne du Djurdjura et la rive gauche de la rivière du Sebaou. Le pi. Cette définition sommaire demande à être poussée plus avant. Désignation et énumération des populations Igawawen Nous devons à A. Hanoteau une définition précise des Igawawen. Dans un texte daté de , il nous apprend que "les Igawawen ou Zouaoua habitent les contreforts les plus élevés du versant nord du Djurdjura" ; et il présente sous ce nom d'Igawawen huit tribus regroupées en deux fédérations : les Ait Bethroun et les Ait Menguellath Ce jalon mis en place il y a ans est précieux.

Car notre auteur nous donne la situation ethnique au moment même où cette région vient de perdre son indépendance politique ; il n'entend pas en faire l'Histoire. C'est quinze ans plus tard qu'il reprend ces informations trop -sèches et y apporte les précisions souhaitées 28 dont voici l'essentiel. En , ces 23 villages comptent ensemble, 19 habitants. La population totale des Igawawen était, en , selon cette estimation fournie par Hanoteau de 34 habitants, répartis en 42 villages, sur un territoire tout entier de montagne.

Les villages sont alignés sur les contreforts qui partent du pied nord de la chaîne, en son centre, vers le nord-ouest. Leur altitude varie entre 1 et m.

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Territoire fort restreint : si on le schématise en un quadrilatère, la base sud, entre le col dit : Tizi n-Kouilal et le col de Tirourda, n'a pas plus de 12 km. La dimension sud-nord, jusqu'au nord des At Yanni est d'environ 15 km 31 V. Carte 1. Cependant dans la Grande Kabylie, les Béni Irathen et autres tribus limitrophes réservent spécialement ce nom pour désigner leurs coreligionnaires qui occupent les premières ramifications du Djurdjura, comme les Béni Man- guellat, les Béni Ouassif, les Béni Boudrar, etc.

Boulifa n'a pas toujours été aussi clair, particulièrement dans son ouvrage Le Djurdjura à travers l'Histoire. Pourtant, il nous fournit dans cette étude une précision utile. Après avoir établi que "il est généralement admis que les Zouaoua comprennent indistinctement toutes les tribus du Djurdjura ou de la Grande Kabylie", il écrit : "Les Béni Djennad,de nos jours, qui ne sont géographiquement séparés des Aït-Fraoussen que par la vallée du Sébaou, ne ressemblent en rien, tant au physique qu'au moral, à leurs voisins du sud, les Igaouaouen, avec lesquels la tradition n'accepte aucun lien de parenté.

Un certain antagonisme a, de tous temps, existé entre les habitants des deux rives du Sebaou". Dès , Devaux avait noté Joe. Sans reprendre tous les textes qui ont touché à cette question, il pourrait suffire de présenter la réflexion de A. Hanoteau dans la préface de sa Grammaire kabyle, p. C'est ainsi que pour les Guechtoula, les Ben Sedk'a sont des Zouaoua, et que les Guechtoula à leur tour reçoivent le même nom des Flissa et des Ben Khalfoun. Il est bon d'être fixé sur la valeur véritable de ce nom".

Sommaire des acquis En somme, nous découvrons peu à peu les faits suivants : — Les Igawawen ou Gawawa constituent huit tribus groupées autrefois en deux confédérations, dont les noms sont encore connus et vivants. Leur territoire correspond au territoire des huit tribus. On constate que l'ethnique Igawawen n'est utilisé que par les Kabyles de Grande Kabylie ; il l'est parfois, rarement, par ceux de Petite Kabylie qui ne se sentent pas concernés par ce nom, qu'ils connaissent.

Cette extension du terme Zouaoua peut en particulier être un résultat de l'organisation adminsitrative du pays kabyle par une puissance politique qui lui est étrangère, turque et française. III - Essai de définition ethnologique De quelle nature est l'unité des Igawawen? Pourquoi sont-ils distingués par un nom propre des autres tribus et groupements de tribus? L'énumération et le décompte qu'on vient de lire des tribus et des villages qui les abritent ne constituent qu'une réponse partielle à ces questions, questions difficiles et que les traditions locales paraissent impuissantes à éclairer, encore moins à résoudre.

Igawawen, c'est le nom d'un peuplement humain, d'un groupement. Ce n'est pas un nom territorial, sinon indirectement, les noms des populations servant naturellement à désigner le terrain qu'elles occupent. LANFRY Ce n'est pas davantage une unité politique, comme serait un rassemblement de forces pour s'imposer à des voisins. Ce n'est pas un "çof", ni le nom d'un parti.

Les Igawawen ne se réclament pas d'un ancêtre commun, comme il arrive fréquemment aux membres d'un village ou d'une tribu 35 ni d'un lieu géographique considéré comme le point d'origine, le pays des ancêtres. Unité linguistique Serait-ce alors un groupe de populations, de villages unis entre eux par une même langue, un parler identique, qui auraient eu conscience de ce lien dans le passé et en auraient gardé quelque réminiscence?

Il ne semble pas. Si cela était, des faits linguistiques repérables parleraient d'eux-mêmes et seraient depuis longtemps relevés par les enquêteurs attentifs qui n'ont pas manqué en ce secteur depuis plus d'un siècle Certains traits paraissent rapprocher tel groupe de tel autre : et d'autres traits les divisent. Cependant quelques faits sont cités comme caractéristiques des Igawawen. Ils sont peu nombreux et de valeur comme de portée diverses, on va le voir.

Dans la langue des Igawawen, le contact de la sonore d avec la sourde t aboutit à une assimilation caractéristique : l'occlusive sourde tendue "tt propre aux Igawawen dont font partie les At Mangellat" 37 , alors qu'ailleurs, chez les voisins, les At Iraten par ex.

Louis de Vincennes et JM. Dallet dans leur Initiation L'anecdote met en scène trois Kabyles, un Agawa, un Aïdel du sud du Djurdjura, rive droite de la Soummam et un Amlikech versant sud du Djurdjura central , qui se lancent un défi. Le défi consiste à souffler une lampe à huile en disant : le manger est cuit. L'Amlikech dit : yaggwa, sans faire bouger la flamme. L'Aïdel dit : yewwa, sans plus de résultat. La lampe s'éteignit.

Depuis lors c'est la langue des Igawawen qui est la plus estimée". Oui, mais les At Iraten, les At Fraousen, ou bien encore les At Jennad ceux-ci sont de la Kabylie de la mer, rive droite du Sebaou disent aussi : yebbwa. Et ils ne sont pas à proprement parler Igawawen, comme nous l'avons vu.

C'est là tout ce qu'on pense pouvoir apporter au dossier de l'orginalité linguistique des Igawawen. C'est, bien entendu, trop pauvre pour qu'on bâtisse une définition de la personnalité de ces populations à partir de ces seules données d'ordre linguistique qui méritaient cependant d'être signalées.

Mais c'est aussi un fait qu'aucune étude approfondie sur ce thème n'a été entreprise Même si d'autres indices pouvaient être relevés qui rendraient plus consistante l'hypothèse d'un parler commun dont la transmission et la conservation seraient observables encore aujourd'hui, nous butons sur ce fait très dur : les Kabyles ne connaissent LES ZWAWA 87 pas une langue propre aux Igawawen ; on irait donc dans une fausse direction en poursuivant ce mirage.

Un fait plus important s'impose à leur attention, et à la nôtre, c'est l'unité de langue, en dépit d'une infinie et presque irrepérable variété lexicale, de village à village, ou de tribu à fraction de tribu, unité qui rassemble très fortement tous les habitants de Grande et Petite Kabylie dans une très courante, très ordinaire aptitude à échanger entre eux, à communiquer sans effort ni recherche particulière.

Nous sommes ainsi ramenés au problème non résolu du rapport historique des Igawawen au reste du massif, ou des Igawawen à l'ensemble ethnique connu à l'extérieur du pays sous le titre global de Zwâwa ; ou, si l'on veut, à la question de l'identité des Igawawen.

Sens de l'identité des Igawawen A des liens sociaux anciens et au sentiment d'appartenir au même groupement humain peuvent correspondre des réflexes coutumiers de relations privilégiées entre membres du groupement. Par exemple, le choix recommandé ou exigé des fiancées entre villages alliés, une endogamie préférentielle, ou de règle, la facilité de se fréquenter de village à village, de tribu à tribu, à l'intérieur du groupement, admise comme normale, ouvertement pratiquée, en contradiction avec ce qui est reçu par la coutume générale nécessité d'obtenir Y'ariâya d'un membre du pays qu'on désire traverser , autant de signes possibles d'une appartenance commune aux origines, d'une solidarité ancienne.

On ne relève rien de tel dans les études ethnographiques à ce sujet. Les essais d'enquête que j'ai amorcés n'ont rien apporté qui encourage à poursuivre une semblable recherche.

Et vraiment, on n'en est pas trop surpris. La population qui nous occupe est de si petit nombre. Elle est pauvre, de toujours : elle s'expatrie vers le sud par les cols, chez les Arabes ; à la ville, Tizi Ouzou et Constantine, Alger chez les Turcs, et après eux, chez les Français, au point qu'Alger est depuis des générations une ville des Kabyles, pour ne pas dire plus. Tout ce qui pouvait signaler une particularité d'origine, tribale, linguistique, a dû s'user, s'effriter, se perdre au contact du reste du monde.

Ne cherchons pas ce qui depuis des siècles a disparu, du moins ne cherchons pas à un niveau de particularisme ethnique aussi étroit.

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Les Kabyles Igawawen, si conservateurs et amoureux de leur pays, du sol, îamurt, et de ce qui y est implanté et bâti, de leurs coutumes, si sensibles à tout ce qui frôle leur amour-propre, ne savent pas dire ce qui ferait leur originalité, honnis leur nom et ce qui s'y rattache directement Un nom, c'est peu! En Kabylie, depuis un temps déjà, la génération plus jeune qui a reçu et inscrit dans sa mémoire des contes traditionnels où apparaissent les animaux sauvages, ayilas, izem, iffîs, ne savent pas dire exactement ce que sont ces fauves, qui, de fait, ne se rencontrent plus dans les fourrés et les maquis du pays ; on mêle les noms de la panthère, du lion et de l'hyène.

Ces noms-là sont en train de mourir. Qu'en est-il des mots, des noms Agawaw, Igawawen aujourd'hui? Comme on l'a noté dès le début, ce vocabulaire est bien vivant dans des toponymes, des noms de per- 88 J.

Cheikh Abdelwahab Abdjaoui

Mais il n'y a pas de doute qu'ils sont en train de perdre leur précision sémantique. Bien des Kabyles de Grande Kabylie ne savent pas le sens ethnique précis de Agawaw, ou plutôt ne savent pas dire à qui il peut être attribué, donc ' ce qu'il désigne, précisément.

Aujourd'hui, rares sont ceux qui sont capables d'énumérer les tribus Igawawen. On saura dire qu'on en fait partie, que tels ou tels n'en sont pas ; après cela, on fera bien des erreurs et des confusions.

Partager sur Facebook Partager sur Twitter. Cela semble avoir constitué un tournant morkane sa vie puisque dorénavant il se consacre exclusivement au chant religieux traditionnel.

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La plupart des définitions du français sont proposées par SenseGates et comportent un approfondissement avec Littré et plusieurs auteurs techniques spécialisés. Cependant l'islamité, tineslemt, n'y est pas étrangère. Il ne s'agit pas de la réalisation exemplaire d'un homme qui serait un saint, un modèle de vie pieuse, on l'a compris ;mais bien plutôt d'un type d'humanisme montagnard et berbère.

Voilà ce que je crois pouvoir retenir, dans déborder ni extrapoler, mais en y ajoutant une condition qui a son importance : il est évident que rien de cela n'est propre ni réservé maintenant aux Igawawen, même si le LES ZWAWA 89 nom garde la vertu et la force d'un symbole qui exprime la tradition de l'honneur.

Mais il me plaît de constater que des juristes et sociologues ont été conduits par leurs enquêtes à une constation du même ordre. L'un d'eux écrit : "La Grande Kabylie était formée d'un éparpillement de républiques microscopiques, les villages, où l'esprit de solidarité intérieure par rapport à ceux du dehors est quelque chose dont on ne peut se faire une idée" Le même auteur évoque plus loin 'le régime communa- liste de la Haute Kabylie qu'il vient de distinguer précisément" du reste de la Grande Kabylie" où.

Ce texte est déjà marqué de l'époque où il a été rédigé, bien entendu. Il reste expressif, et, je crois, intelligent de cette réalité que nous avons recherchée. Comparaison et unité des deux noms II nous reste à examiner ce couple : Agawaw pi. Ce n'est pas si compliqué. Des auteurs arabes anciens nous fournissent eux-mêmes la clef de ce petit problème, sans d'ailleurs en traiter directement.

Pour faire court, rappelons d'abord les éléments simples signalés en étudiant à leur place respective la morphologie de chacun des noms : ZWAWA, nom de forme arabe, à flexions arabes, et dont la racine est ZWW. La racine n'est pas arabe d'arabe classique et le mot est un ethnique qui désigne une tribu ou un ensemble de tribus berbères. On est invité ainsi à considérer la racine comme berbère. Les formations analogues sont localement très nombreuses de noms propres, ethniques surtout.

La racine dégagée est GWW. Nous avons noté que la première radicale est spirante, dialectalement. Ce sont des Kabyles contemporains, déjà cités dans cet article, Boulifa et Ben Sedira particulièrement, qui nous invitent à considérer : 90 J.

Ce sont les Arabes qui désignent ainsi les Kabyles qui n'ont ni adopté ni utilisé ce nom. Ce point de vue m'a été confirmé oralement bien souvent par les Kabyles eux-mêmes ; — que Igawawen, Gawawa, est le nom propre seul connu et utilisé par les Kabyles et qui a gardé — peut-on ainsi traduire l'avis de nos auteurs — la forme authentique et originale du nom ethnique ; — M.

Ben Sedira dans une petite note sans prétention technique au début de son Cours de langue Kabyle 46 , affirme en outre ce que Boulifa reprendra plus tard avec la même assurance : "le mot de Zouaoua n'est que l'altération du pluriel Igaouaouen, par suite du changement du G en Z, de la suppression des signes i, en, qui caractérisent le pluriel kabyle, et de l'addition de la finale a ta marbout'a des Arabes ".

Ce n'est peut-être pas très scientifique, mais au fond c'est bien cela : le préfixe et la désinence qui caractérisent le pluriel berbère ne sont pas familiers aux Arabes qui ont tout de même perçu leur caractère adventice ; ils ajoutent au mot une syllabe, l'allongeant sensiblement. Les Arabes ramènent le pluriel à une formule courante arabe, pratique : Gawawa. Reste la première radicale G qui fait difficulté : phonème étranger au système arabe classique : G, postpalatale sonore que nous connaissons en berbère, occlusive ou spirante Il convient d'être prudents, naturellement.

Nous ignorons beaucoup de détails importants. Quel phonème entendaient ces Arabes quand ils commencèrent d'être en contact avec les Igawawen? Ibn Khaldoun fait cette intéressante remarque qui vient bien ad rem 49 "Entre les sons produits par deux organes voisins, il peut y avoir plusieurs sons intermédiaires, sons que l'on retrouve chez d'autres peuples et dont une partie seulement peut être exprimée par certains Arabes".

Et qui étaient ces Arabes? Dans quelle région et quand ces contacts furent-ils pris, étant entendu que les contacts ont dû s'étaler dans le temps, occasionnels d'abord, puis fréquents en une région donnée et permanents ensuite? Nous ne pouvons nous amuser à refaire aujourd'hui en laboratoire une expérience ou une démonstration de transformation sans point d'appui sur le réel disparu. Il paraît à peu près impensable qu'on puisse répondre honnêtement autrement que par des hypothèses. Je veux verser au dossier de cette petite recherche deux documents, bien connus d'ailleurs, qui peuvent guider et appuyer une solution ou une réponse à notre question.

D'abord une précieuse indication chronologique qui nous est apportée par Ibn Khaldoun 50 dans le chapitre qu'il consacre aux Howwâra Hoouara. Il évoque la période du pouvoir des Emirs des Béni Aghlab en Tunisie et de l'expansion de leur empire vers l'Europe : "Plus tard. Nous avons donc cette chance de rencontrer un Zawâwa, chef dans les troupes fournies par les Howwâra.

Ceux-ci paraissent bien constituer un groupe tribal présent en Tunisie ou du moins entre Tripoli et le Nord de la Tunisie. Et puisqu'il s'agit de la conquête de la Sicile par les Béni Aghlab et leurs alliés, nous sommes au IXe s. L'historien Ch. Julien note brièvement dans son Histoire de l'Afrique du Nord 51 qu'à cette époque, "à l'Ouest, Bône Annâba dépend des Aghlabides, ainsi que le pays des farouches Kotama,. Il explique qu'en , Zyadat Allah "débarqua en Sicile une armée de joundis et de Berbères "sous la direction d'un Chef arabe, le Cadi Asad.

Je n'apporte ces faits que dans la seule intention d'évoquer une des grandes occasions historiques datée, repérée, d'alliance de Berbères Howwâra avec des chefs et des troupes arabes.

Il y en eut d'autres auparavant, moins bien connues et en tout cas sans ce repère d'un nom précis, berbère et déjà exprimé dans sa forme arabisée. Une réflexion onomastique d'Ibn Khaldoun Le deuxième document est d'ordre linguistique. Il nous est fourni aussi par Ibn Khaldoun. Il ne concerne pas directement la question étudiée ici. Mais il analyse de façon fort suggestive une situation qu'on peut, je crois, juger analogue, sans plus, apte pourtant à nous éclairer.

Examinant le nom des Zénètes Zanâta au début du chapitre de son Histoire, consacré à ce peuple, il écrit : "Quelquefois, le terme emprunté à une langue étrangère renferme des consonnes qui n'existent pas en arabe, et alors on leur substitue celles qui s'articulent par les organes voisins. Il faut savoir que Zenata Zanâta dérive de Djana avec un djim , nom propre qui désigne l'encêtre de cette tribu. De Slane interprète ainsi : c'est-à-dire le j français et auquel l'oreille aperçoit une espèce de sifflement Les Arabes ont remplacé ce son par celui du z, à cause de l'analogie qui existe entre l'articulation du z et celle du ch ; ainsi de Djanât," Ils ont fait : Zanât" 52 qui est le nom des Zanâta.

Il est certain que le phonème ainsi transformé était dans la bouche des Berbères une spirante ou peut-être une semi- occlusive, sonore. Etait-ce seulement z que les Arabes auraient réduit à z? Aussi suggestive que soit l'explication d'Ibn Khaldoun, notre problème précis n'est pas exactement le sien. Il nous a éclairés suffisamment cependant ; et j'en veux pour confirmation cette réponse qu'a bien voulu donner à ma question un spécialiste de linguistique berbère, M.

Prasse : "En ce qui concerne l'identification des Zwawa avec les Igawawen modernes, je crois qu'elle est bien justifiée. Sachant que g spirant était différent de y en berbère, les Arabes n'avaient pas d'autre moyen que z pour le rendre.

La désinence arabe ah est le correspondant normal de berbère en dans les noms de tribus". On constate que M. Ben Sedira, comme je l'avais noté, voyait correctement les choses dès : 92 J.

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Une illusion étymologique à propos des Azuagues Constatons aussi en passant que se trouve écartée nettementune fausse étymo- logie, ou si l'on veut, un rapprochement illusoire, consistant à mettre en rapport le nom tribal de Zwawa avec celui des "Azuagues".

Aucapitaine écrivait en 54 : "Igaouaouen, les Zouaoua des Arabes, groupe de tribus du Djurdjura, Les Azuagues des auteurs espagnols". Boulifa s'est fait l'écho trop fidèle de cette proposition : "Les habitants du Djurdjura, les Igaouaouen,.

Le rapprochement peut être tentant, il a peu de chances d'être justifié. Ils sont les sujets d'aroudj et de Keir ed-Dîn qui ont su obtenir l'aide du "roi" de Koukou et de ses sujets après qu'ils eurent conquis Jijel et plus tard Bougie. Il faut alors penser à des contingents armés prélevés sur les tribus proches de Jijel dans cette région habitée par les Zouagha Ben Zwa7a , éléments de population berbère, dépendant du grand groupement Kota- ma.

Que les Espagnols qui venaient à Koukou et à Bougie à cette époque aient fait de Zwa-ya Azuagues dans leur langue, cela se justifie fort aisément, par transposition de 7 inexistant en espagnol à gu. Carette Joe. Cette expression résumée de la situation des Azuages au XVIe s. Point de vue amplement confirmé par M.

Prasse : "Azuagues des Espagnols est probablement à rapprocher de Zwagha correspondant à un Izwaghen inconnu ". Le Professeur T. Lewicki m'écrit : "Quant à la question d'Azuagos, tribu que Marmoî-Carvajal localise dans le pays même de Zawâwa, il me paraît que le rapprochement de ces deux noms serait un peu risqué.

A mon avis, Azuagos correspond plutôt à l'ethnique berbère Azuagh ou Azawagh dont la transcription moyen-âgeuse, bien connue de plusieurs sources arabes provenant du IXe au XVIe s. Il serait inutile de pousser plus loin, après ces réponses fort compétentes. On va en juger par le fait qui s'impose à notre attention : un nom propre masculin Azwaw au cas construit : Wezwaw , sg.

Racine : ZWW. C'est un des rares noms de personne, d'origine proprement berbère que les Kabyles aient conservé comme prénom 57 , encore qu'il soit donné rarement aujourd'hui. De là vient peut-être le sentiment des Kabyles sur ce prénom : il est considéré comme typique, évocateur de la tradition ancienne. C'est un nom symbole, et comme un signe qui rappelle les origines, le passé respecté, le temps des ancêtres.

On ne sait pas préciser davantage pour justifier l'estime qu'on en garde. Un chant kabyle, récent, qui connaît un grand succès, a pour héros, acclamé au refrain, Azwaw : Ay Azwaw s-umendil awra7,ô Azwaou au turban doré ou jaune : II est campé ici comme le représentant du vrai Kabyle du Djurdjura, paré de ses couleurs ou de sa bannière.

J'ai noté plus haut la racine du prénom Azwaw : ZWW. La comparaison s'impose d'elle-même avec la racine ZWW du nom ethnique Zwâwa que nous venons d'étudier. Pourtant, à chaque tentative de présentation simultanée des deux noms à des Kabyles, ils refusent le rapprochement ; ils affirment ne percevoir aucun apparentement, aucune similitude : l'un est arabe et l'autre kabyle, c'est toute leur constatation. En outre, ils n'admettent non plus aucun rapprochement entre Azwaw et Agawaw.

Azwaw est comme isolé et sans apparentement admis. Je sais bien, pour l'avoir souvent observé, que les Kabyles paraisent n'avoir pas le sens de la racine commune à plusieurs mots, ou celui des familles de mots, comme il arrive qu'on puisse le percevoir très bien chez les arabophones même incultes. Résumons les faits et concluons : Des Kabyles, hommes et femmes, aujourd'hui, disent : notre nom est, nous sommes Agawaw, Tagawawt, Igawawen — et Zwâwa n'est pas de chez nous : c'est un nom arabe.

Il nous disent aussi : Azwaw est un nom qui est bien de chez nous, un nom typique de notre tradition, très représentatif de notre peuple. Je n'ai pas à choisir à leur place.

“Je prépare un album en kabyle”

Je prends ces noms comme ils sont. Je ne cherche pas à faire dériver ou dépendre l'un de l'autre. Us existent indépendamment. Alors, c'est peut-être simplement ceci : II y a longtemps, des Arabes ont rencontré, selon les hasards de leurs déplacements ou de la guerre, des individus nommés Azwaw et qui se disent de tribu : Agawaw, Igawawen.

Pas de difficulté pour un Arabe à nommer un tel Azwaw. C'est ce nom qui va spontanément servir de modèle morphologique , pour prononcer, en le déformant, ce nom difficile qui désigne leur tribu ou leur peuple et, pour faire bref, ils disent : Zwâwa pour Igawawen. Autrement dit : Agawaw, dans une bouche arabe, aurait été reformé sur Azwaw, ce nom qui fut alors arabisé en Zwâwa, sur le modèle commun d'autres arabisations de noms ethniques. Mais c'est peut-être trop imaginer, ou trop simpliste.

Pour respecter le sentiment des Kabyles selon lesquels Zwâwa et Azwaw sont des noms sans relation l'un avec l'autre, on pourrait envisager encore : — que Agawaw et Zwâwa sont en rapport étroit de dépendance pour les raisons qui ont été données, sous l'influence de la phonologie du parler arabe qui a eu les premiers contacts avec les Igawawen.

C'est plus prudent si ce n'est pas plus éclairant. Interrogations restées sans réponse a Tentatives, ou tentations, étymologiques Sans nous en rendre compte, nous voici venus au bord d'une de ces questions tentantes, que la curiosité impose, même si la prudence et à la fin l'objectivité font renoncer à aller plus loin, pour rester alors sans réponse. On est naturellement tenté de chercher une origine, une étymologie, à ce nom berbère caractérisé : Igawawen.

Ibn Khaldoun, qui ne connaît que Zwâwa, n'ent dit rien. Mais n'invite-t-il pas à ce genre de recherche en fournissant de ci, de là, des explications d'un grand intérêt sur l'origine du nom de tel ou tel peuple : celui, par exemple, des Kel Ahaggar qui appartiennent à un peuple que l'on nomme de son temps et dans les sources qui l'informent : Howâra et Hoggar ; ou encore sur la provenance du nom des Zénètes?

Connaît-on des tentatives d'explication de l'ethnique Igawawen? Ou mieux, peut-être, des traditions à ce sujet rapportées par les auteurs anciens ou par les Kabyles de notre temps? Je n'ai relevé qu'un seul essai, de deux auteurs différents ; je le cite simplement. Aucapitaine affirme, dans une note de son étude sur Les Kabyles.

Il ne dit rien de l'origine de son information, ni de son assurance. Ce serait donc un nom composé. Boulifa, dans un texte rédigé en kabyle, nous rapporte une "Légende sur l'origine des Zouaoua" L'étymologie proposée est la même que celle de Aucapitaine, avec une précision qui me paraît sans grand intérêt.

Il écrit : Ag Aoua, mehsoub emmi-s n-Aoua. Tin ioumi semman Aoua, ttamet't'out n Sidna Adem". J'avoue ne pas me sentir à l'aise avec ces divers renseignements.

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Les Kabyles n'ont pas dans leur langue, que je sache, de substantif connu comme tel, Ag, fils de. Je doute fort qu'ils connaissent, actuellement du moins, un nom propre Awa ; et plus encore que ce nom désigne "la femme de Notre Seigneur Adam", comme il le dit. Eve se dit Hawa, selon l'onomastique traditionnelle sémitique, transmise par l'arabe et l'Islam, dans les "Qisas al-Anbiya", et non pas Awa. Certes, en berbère, en dialecte tahaggart, nous trouvons un nom propre Aououa Awwa ; c'est un masculin La forme complète de notre ethnique est, souvenons- nous en, Agawaw.

La langue kabyle connaît, comme tous les dialectes berbères, un nom composé qui rappelle la forme du nôtre, ayant d'abord en commun avec lui son premier élément, si du moins Agawa est un nom composé comme le propose Boulifa.

C'est le substantif egma. Le vocalisme de la première syllabe est plus complet et aisé à repérer dans le dérivé tagmatt. Ce substantif signifie : frère. Etymologiquement à l'insu des berbéro- phones, pour'la plupart, certainement , c'est : fils de ma mère. Cette analogie apparente de composition semble justifier la proposition de M. Chacun des éléments du composé ou, en tout cas, le premier, prend la forme du pluriel.

Ce n'est pas ce qui se produit par Agawa Agawaw qui forme son pi. C'est à mon sens une raison suffisante pour refuser l'étymo- logie proposée par MM. Aucapitaine et Boulifa : Agawa n'est pas un nom composé et nous sommes ainsi invités à considérer la racine GWW comme un tout. Après cet échec, faute d'autres traditions locales qui orienteraient notre recherche, il nous resterait deux voies de prospection possibles : hasardeuses sans aucun doute.

Consulter les formes de noms ethniques de tribus berbères proches de notre racine GWW, noms que nous fournissent les généalogistes et les historiens. Et aussi, examiner les racines berbères et les thèmes divers qui en sont issus, verbaux et nominaux ; et faire les comparaisons suggérées par ces faits linguistiques. L'une et l'autre voie s'avèrent difficiles.

La raison principale en est la nature même de la racine qui est en question : GWW, trois radicales spécialement sujètes à permutations, transformations, assimilations, etc. Du même coup, les solutions théoriquement possibles risquent d'être nombreuses : quel sera le critère qui nous permettra de dire : oui ou non à telle solution? Nous n'avons non plus ni guide ni repère sémantique qui pourrait orienter vers le choix d'une racine.

La première voie, examen des ethniques les plus proches morphologiquement de Igawawen, n'est pas plus aisée, et elle est certainement affaire de spécialistes.